Nucléaire : le Brésil bénéficiera d’un fond supplémentaire pour l’enrichissement de l’uranium
Le budget a déjà été approuvé et sera mis à disposition du prochain gouvernement et devra être investi dans le programme nucléaire, sous le couvercle des possibles exportations d’uranium et du vieil adage de la souveraineté militaire. Loin des préoccupations climatiques, la stratégie du gouvernement dévoile les raisons pour lesquelles le Brésil a défendu ardûment le programme nucléaire iranien, en contrariant presque toute la communauté internationale et les Brésiliens eux-mêmes.
La première étape de cette stratégie a été lancée par l'opposition du Ministère des Affaires étrangères à l'adhésion du Brésil au Protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire. La deuxième a été marquée par les accords de transferts des matériaux nucléaires signés avec la Russie, l'Inde, la Chine, la France et la Turquie, permettant au Brésil de se rapprocher du marché fertile de l’exportation de l'uranium (1). Ce qui explique la participation brésilienne à l'imbroglio iranien : une grande opportunité économique pour le Brésil.
La troisième étape à venir, concerne la réactivation du programme nucléaire brésilien, marqué par l’annonce de la construction de l’usine Angra 3 et l’intention d’en construire d’autres dans le nord-est du pays. En dépit de l’argumentation du gouvernement – que soutien que l’objectif des usines se résume au fournissement d’énergie – le secteur nucléaire au Brésil fonctionne à la mode d’un complexe industriel-militaire, où les deux parties fonctionnent sous la tutelle du secteur technologique. L’argent investit dans la construction des nouvelles usines permettra la lubrification de tous les engrenages de ce complexe (coincés depuis la fin de la dictature dans les années 80) et la formation des nouveaux techniciens. Sans oublier qu’à chaque fois qu’une nouvelle usine verra le jour, le volume d’uranium produit augmentera et accroîtra l’espoir brésilien d’entrer définitivement dans le club atomique.
Et finalement, l’utilisation de la technologie nucléaire à de fins militaires. La stratégie nationale de défense, lancée par le gouvernement en 2008 affirme : « Un projet fort de défense favorise un projet fort de développement. L’un ne va pas sans l’autre ». Le problème est de savoir où nous allons nous arrêter, car le début a déjà été annoncé par la construction d’un sous-marin à propulsion nucléaire.
Sous la tutelle du Ministère de la science et de la technologie, l’actuelle structure du secteur nucléaire brésilien est en contradiction avec le reste du monde et en parfait accord avec les modèles iranien et pakistanais. Former un axe dans le domaine nucléaire avec ces deux pays ne devrait pas faire partie des idéaux de leadership du Brésil dans le domaine des relations internationales.
(1) Les réserves mondiales prouvées d'uranium, atteignent un total mondial de 2516 milliers de tonnes, hors Chili et Chine. Les plus importantes ressources se trouvent en Australie (26%), au Kazakhstan (17%), au Canada (12%), en Afrique du Sud (9%), au Brésil (6,4%), en Namibie (5,7%), en Russie (5,5%), aux États-Unis (4,1%), en Ouzbékistan (3,6%), en Mongolie (2,4%), en Ukraine (1,7%), au Niger (1,2%) et en Algérie (1%).
Où se trouvent les réserves brésiliennes d’uranium :
Caldas (MG)
Lagoa Real/Caetité (BA)
Santa Quitéria (CE)
Sources : Greenpeace, OESP, Industrias Nucleares Brasileiras