30 janvier 2009
Zoom sur la BD Brésilienne
La naissance des comics brésiliens, de la création des personnages aux copies étrangères. Comment Superman, Zorro et Popeye ont-ils débarqué au Brésil ? Dans les plumes : le perroquet Zé Carioca, l’ennemi numéro 1 du canard Donald !
Le Brésil est le premier pays à avoir accueilli une exposition internationale de bandes dessinées, à São Paulo, en juin 1951. Des auteurs américains comme Alex Raymond ("Flash Gordon"), Milton Caniff ("Steve Canyon") et Harold Foster ("Prince Valiant") participent à la manifestation en envoyant des dessins originaux.
En 1869, Angelo Agostini, un italien du Piémont immigré au Brésil, commence à publier dans la revue « Vida Fluminense », les "Aventuras de Nhô Quim" qui racontent les aventures d’un paysan riche mais naïf, à la ville. Dix ans après, Agostini fonde la
« Revista Ilustrada » dans laquelle il développe entre autres "As Aventuras do Zé Caipora" (1883-1906).
Fin 1905, le journaliste Bartolomeu de Souza e Silva créé « O Tico-Tico », la première revue enfantine brésilienne à publier des histoires en BD qui s’inspire du magazine français "La semaine de Suzette" et dont le personnage principal prend le nom au Brésil de Felismina.
Malgré la présence de quelques auteurs nationaux - comme Luís Sá ( "Reco-Reco, Bolão e Azeitona"), Jota Carlos (« Juquinha et Lamparina ») et Max Yantok ("Chico Muque") - la plupart des récits et des super-héros brésiliens étaient des copies de bandes dessinées étrangères. "O Morcego", est un mélange de Batman et de Fantasma, tandis que "O Bola de Fogo" (de Wilson Fernandes) fait penser à la « Torche humaine ». Le personnage « Chiquinho » n’était pas réellement brésilien comme l’ont cru longtemps les lecteurs mais directement tiré du "Buster Brown" de Richard Outcault créé dans le New York Herald en 1902.
Dans les années 30-40, la revue « O Cruzeiro » accueille l’un des personnages les plus populaires de la presse brésilienne : "Amigo da onça" ("L’ami du jaguar"), créé par le dessinateur Péricles de Andrade Maranhão en 1943 et publié jusqu’en 1962.
Le « Supplemento Juvenil » créé en 1934 par Adolfo Aizen est un hebdomadaire encarté dans le quotidien « A Nação ». Les auteurs Monteiro Filho, Fernando Dias da Silva, Salvio et Antonio Euzébio y participent aux côtés des dessins américains de Tarzan, Flash Gordon, Mandrake et Popeye.
Pour concurrencer « Supplemento Juvenil », Roberto Marinho lance le « Globo Juvenil » et il passe un accord d’exclusivité avec le King Features Syndicate (1939) et commence à publier presque tous les grands succès du concurrent. Mais le plus grand succès de Marinho est le magazine « Gibi ». Dans son premier numéro, on y trouve "Li’l Abner" d’Al Capp, "Cesar e Tubinho" de Roy Crane et "Barney Baxter" de Frank Miller.
Dans les années 40, la maison d’édition Brasil-América (Ebal), fondée par Adolfo Aizen, intensifie à son tour la production des comics. Le label qui deviendra l’un des plus importants d’Amérique du Sud, publie Superman, Batman, Zorro, Bugs Bunny, Tom et Jerry, Spiderman, Thor, etc.
Dans les années 50, Donald est le premier des héros Disney à débarquer au Brésil dans la revue « O Pato Donald » lancée par les Editions Abril de Victor Civita, rapidement suivie de Mickey et Tio Patinhas (oncle Picsou). « O Pato Donald » publie aussi les aventures de Zé Carioca (le perroquet), qui aura ensuite sa propre publication.
Le succès de la BD enfantine brésilienne
Dans les années 60, Ziraldo Alves Pinto imagine « Saci Pererê », un petit lutin noir unijambiste qui séduit les enfants par sa naïveté, publié dans O Cruzeiro. Ziraldo est également l’auteur de personnages populaires comme "The Supermãe" et "Menino Maluquinho".
Mais le plus grand succès d’édition jamais enregistré dans le pays est sans aucun doute la série imaginée par Maurício de Sousa. Avec "A Turma da Mônica", le dessinateur développe toute une série de personnages autour de Mônica (inspirée d’une des filles de l’auteur), une fillette à la force phénoménale, Cascão, Cebolinha et Magali.
En 1973, la revue Mônica inspirée de l’héroïne se vend à plus de 200.000 exemplaires. Les produits dérivés fleurissent, tout comme les adaptations cinématographiques et les parcs d’attractions (à São Paulo et Curitiba). En dépit de la concurrence avec les comics, la série s’exporte même aux Etats-Unis, en Europe et en Amérique latine.
Source : ToutenBd
Source : ToutenBd


