Ancien photographe chez Gallimard, Alain Nenoff, parisien dans l’âme et montpelliérain d’adoption, a entamé sa carrière de journaliste en créant, il y a une quinzaine d’années, l’hebdomadaire d’actualités Nouveau Sud en partenariat avec Jacques Molenat, Francis Zamponi et Robert Menard (*). Mais cette collaboration a été de courte durée et Alain a poursuivi sa carrière à la tête de la Radio Vidourle, à Lunel, puis en tant que reporter à Midi Libre et à France 3 (rubrique bovine). Il a été responsable de la communication à la mairie de Lunel avant d’intégrer, en 2003, la rédaction du journal hebdomadaire l’Agglorieuse.

Carnet intime
Livre préféré : Le Seigneur des Anneaux
Peintre préféré : Monet
Chanteur préféré : Mick Jaegger
Plat préféré : Une femme sur un lit de roses
Super héros : Bilbo Le Hobbit
Mon adresse préférée : Le Pont des Arts, à Paris
Dieu : Je pense que je dois être égyptien car j’aime bien l’image du Dieu Ra : le soleil qui se lève et qui se couche. Dieu c’est la nature, le cycle de la vie. Dieu a créé l’homme à son image et l’homme lui a bien rendu. Dieu est géographique, c’est une question culturelle. Si on commence à se poser trop de questions à propos des choses, ça enlève la poésie.
Les meilleurs moments de ma vie.
C’est difficile de répondre à ça. Le meilleur moment reste encore à venir. On l’espère toujours. J’ai toujours envie de vibrer, d’avoir de révélations. J’ai eu des moments uniques dans ma vie, mais j’espère encore en vivre beaucoup d’autres. Je reste ouvert, sinon il ne se passe rien. C’est pour ça aussi que je suis journaliste : j’aime découvrir et faire découvrir.
Souvenirs de Mai 68.
J’étais lycéen, j’avais 15 ans et je me suis retrouvé en train de militer avec Gérard Miller. On croyait à une certaine libération – on voulait avoir les cheveux longs, le droit de porter des minis jupes pour les filles (rires), le droit de s’exprimer – et c’était l’occasion, pour la jeunesse, de dire qu’elle existait. On avait un énorme pouvoir et l’on était en train d’écrire une page de l’histoire en prenant en main notre vie. Après 68, les rapports ont changé et les barrières ont sauté.
Etre journaliste à l’Agglorieuse.
C’est très intéressant de travailler à l’Agglorieuse car la liberté est quasi absolue et l’auto censure est quasi nulle. Notre souhait est de provoquer, de pousser les limites le plus loin possible. Il y a tellement de choses à dire et le décalage entre ce qui se dit dans le privé et ce qui est publié est tellement grand… !!!! Les gens ont envie de savoir.
Le journalisme aujourd’hui. Internet. La crise.
Je pense qu’il y a des lecteurs qui sont déçus et qui se désintéressent de la presse. La presse n’est pas mauvaise, mais elle manque de sel ! Elle est dépendante de l’argent et l’argent représente un frein à la liberté. À l’Agglorieuse, on attaque ceux qui ont le pouvoir. A Montpellier, par exemple, on a quatre supports - fabriqués par les collectivités - à notre disposition dans nos boîtes aux lettres. Ce n’est pas du journalisme, mais de la propagande ! Les rédactions des vrais journaux sont envahies par les communiqués de presse, les services communication, des véritables « rouleaux compresseurs » de l’info, essaient d’influencer les journalistes et le support lui-même. Le pouvoir financier contrôle les journaux.
Vie publique, vie privée. Où est la frontière ?
La frontière est simple à déterminer : la vie privée ne doit pas influencer sur la vie publique. Un homme - ou une femme - politique ne peut pas avoir des relations intimes avec une personne qui est sous ses ordres. Citons l’exemple de DSK. Le Wall Street Journal a bien fait d’en parler. Peut-être que la liaison de DSK (un boulet dont il va traîner longtemps) lui fera perdre la prochaine présidentielle en France. On a des exemples à Montpellier, mais la presse n’en parle pas car ici, comme partout ailleurs en France, il y a un système de « protection amicale » entre élus, police, journalistes. « Je te tiens, tu me tiens par la
barbichette » !
Pouvoir, argent, sexe. Mettre par ordre d’importance ces 3 mots.
(Rires). Le pouvoir et l’argent ne m’intéressent pas beaucoup !
Baraka Obama.
L’élection et par la suite l’assassinat d’un président noir en Amérique, je les ai vus dans la série américaine 24 H, il y a 4 ans. C’est une tradition chez eux de tuer les présidents ! Baraka Obama dérange. Il est très bien, mais il risque sa vie à tout moment. Les US sont un grand pays et il ne faut pas oublier que la société américaine a été construite sur un massacre ! Et ça, ça reste !!
Le mot de la fin.
Je pense que c’est bien de se poser des questions, d’avoir l’esprit critique et regarder
au-delà des papiers et des images qui nous sont proposées. Il faut garder les yeux ouverts et essayer de comprendre l’autre. On peut avoir ses propres convictions, mais nous devons juger les autres avec modération, sinon on a vite fait de couper des têtes !
(*)J. Molenat est journaliste à l’Express et à Marianne
F. Zamponi est journaliste et écrivain
R. Menard est le directeur de Reporter sans Frontières