Les éditions Libertalia viennent de publier un essai biographique de Barthélémy Schwartz consacré à Benjamin Péret, l'astre noir du surréalisme. Sur l'itinéraire poétique et politique de Péret et les enjeux utopiques du surréalisme, deux chapitres sont consacrés aux séjours de Péret au Brésil (années 30 / années 50).

En 1955, Péret profita d’un voyage de plusieurs mois au Brésil pour poursuivre, au contact des Indiens, sa réflexion sur les mythes afin d'étoffer son Anthologie qui finira par paraître en 1960.

Il s’intéressait aux conditions sociales et culturelles qui avaient favorisé la création des mythes, et aux raisons de leur fossilisation par la suite dans les dogmes religieux. Il mettait en relation les mythes primitifs avec la très faible division du travail chez les Indiens, et au fait que les principaux besoins étaient en grande partie satisfaits.

Au Brésil, il espérait bien enrichir l’anthologie de nouveaux récits et légendes, mais aussi rencontrer des Indiens contemporains, sans doute parmi les derniers représentants des peuples restés à l’écart du monde dit « moderne ». Par avion, le poète surréaliste a traversé le sertão, a fait une brève escale en Goiânia et puis est reparti vers le village de Chavantina afin de rejoindre les indiens Chavantes. Ensuite, il a rencontré les Carajás de l’île de Bananal.

Au contact des Indiens, au cœur de la forêt amazonienne, Benjamin Péret a renoué un moment avec l’utopie d’un âge d’or qu’il avait, en quelque sorte, presque touché de la main. C’était peut-être la chose la plus précieuse qu’il rapporterait de son voyage au Brésil.

Pour en savoir + : http://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/benjamin-peret-l-astre-noir-du-surrealisme

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