Sans paroles

Du 3 au 28 Août 2010

Au Le Vieux Colombier -  Mairie du 6ème -  Place Saint Sulpice – Paris

Entrée libre

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Le peintre expressionniste brésilien Antonio Véronèse expose ses œuvres à Paris pendant le mois d’août. L’exposition, nommée Sans Paroles, montre des visages aux regards intenses, car d’après l’auteur " le visage est inépuisable, il exprime une telle variété d´émotions. J´ai ouvert la boîte de Pandore."

Originaire du Brotas, Veronese a longtemps vécu à Rio et il a travaillé aux côtés d´enfants emprisonnés, gamins des rues, victimes de violence, toxicomanes...Il en a gardé une capacité rare de saisir l´humain, de regarder les oubliés...

Artiste de renommée internationale, il a ses œuvres exposées dans de nombreux musées, collections publiques et privées. Il est l´auteur de Famine, installée auprès de la FAO - Rome ; de Save the Children, aux Nations Unies ; de Just Kids, symbole de l´UNICEF, de A La Marge, à l'Université de Genève, de La Marche, au Parlement du Brésil.

Pour son travail auprès des enfants prisonniers au Brésil, il fut salué par l’Organisation des droits de l'homme aux Nations Unies et reçut la mention Honoris Causa de la Cour Suprême de Justice du Brésil.

Antonio Veronese a quitté le Brésil pour s’installer en France en 2004 où il semble avoir trouvé enfin sa place. Il est amoureux, pour la première fois, d’une femme française. D’après lui, « la femme est l’essence de la vie et quand on est amoureux, on est prêt à tout pour une femme ! »

Carnet intime

Lieu de naissance : Brotas, ville de l’état de São Paulo, Brésil. Je suis un campagnard !

Peintre préféré : Egon Schielle, Lasar Segal, Edward Munch, Francis Bacon, Van Gogh, Gauguin, Modigliani, Caravagio...Et en ce qui concerne les femmes, il n’est pas possible d’en choisir une.

Film préféré : Il Vitelloni, Amarcord (Federico Fellini), Oh Brother (Frères Cohen), Pagador de Promessa ( d’Anselmo Duarte).

Plat préféré : Arroz com feijão fait par ma mère.

Livre préféré : Sagarana de João Guimares Rosa.

Adresse préférée au Brésil : Churrascaria Plataforma, à Rio, là où mon ami Tom Jobim et moi on se retrouvait régulièrement pour manger et bavarder.

Adresse préférée en France : Brasserie Lipp à Saint Germain, là où mon chien Boris était le seul à avoir le droit de manger assis sur la chaise.

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Brasilidade :  Antonio, qu’est-ce que la peinture représente pour toi ?

Antonio Veronese : Si je ne peins pas, je n’arrive pas à dormir. Peindre est une nécessité physique, comme vomir.

Brasilidade :  Comment définis-tu ta peinture ?

AV : Définir est difficile et toujours inexact. C’est comme essayer de définir la pluie. La pluie est ce que l’on ressent d’elle et non ce dont on en parle.

Brasilidade :  Qu’est-ce que vivre en France a changé dans ta vie ?

AV : Absolument tout et surtout qu’ici il n’y a pas un mec chiant en train de klaxonner derrière ma voiture. Je pense que l’expérience d’avoir deux cultures est quelque chose qu’aucune Université au monde pourra nous procurer.

Brasilidade :  Comment concilies-tu les deux cultures ?

AV : Ce sont deux cultures complémentaires qui se reconnaissent dans la différence. La France possède ce qui manque au Brésil et vice-versa.

Brasilidade :  Ta peinture est-elle influencée par ton « exil » en France ?

AV : Depuis que je vis en France, ma peinture s’est beaucoup transformée, elle est moins philosophique et plus plastique. Je crois que l’exil m’a éloigné de l’indignation quotidienne que je ressentais au Brésil. Depuis mon arrivée à Barbizon, où je vis et je travaille, je suis reconnu en tant que peintre et cela me fait beaucoup de bien. Les français sont beaucoup plus ouverts et sensibles et ils apprécient ma peinture à sa juste valeur, contrairement aux brésiliens.

Brasilidade :  Parle-moi de ta prochaine exposition en France.

AV : J’ai réalisé 12 expositions les deux dernières années…c’était un exploit ! J’ai du mal à réaliser que j’ai réussi à les faire ! Et en plus, j’ai réussi à peintre 40 nouvelles toiles qui seront exposées au mois d’août à Paris. Ma peinture n’a jamais été aussi forte que maintenant et pour la première fois je ne suis pas anxieux. Pour la première fois je suis satisfait du résultat.

Brasilidade :  Antonio, dis-moi quelque chose de très personnelle sur toi.

Av : J’adore les chiens !!! Mon compagnon Boris, qui est décédé depuis six mois, vient me visiter tous les jours. Il me manque terriblement. Je déteste la maltraitance envers les animaux. Je ne supporte pas le bavardage ; cette merde de musique post-country qui a envahi le Brésil ; dépenser de l’argent avec des habits ; l’horoscope ; la tyrannie idiote du jeunisme ; les bêtises que Caetano raconte à propos de Lula …

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Pour en savoir + : www.antonioveronese.blog.com